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  La spiruline, une micro algue aux nombreuses vertus
   

La spiruline est une micro algue (plus exactement une cyanobactérie) qui vit à l'état naturel dans des lacs d'eaux chaudes , salées et alcalines des régions intertropicales. En reconstituant ses conditions favorites, on réussit à la cultiver depuis quelques décennies. Ses propriétés sont tout simplement étonnantes… Jugez plutôt….

La spiruline apporte aux personnes malnutries, et notamment aux enfants un complément alimentaire peu coûteux et produit à l'endroit où il est consommé.

De nombreuses études ont permis de démontrer l'extrême richesse de la spiruline. Cette richesse a assez vite intéressé l'industrie cosmétique, attirée par les remarquables vertus anti-oxydantes et anti-radicaux libres de cette algue. Aujourd'hui sur les 3 500 tonnes de spiruline produites dans le monde, plus de la moitié est consacré à cet usage.

Depuis les années 1970 et 1980 des O.N.G. travaillant dans le domaine de la malnutrition se sont aussi intéressées à la spiruline.

Sa richesse en protéines de haute qualité et en micronutriments, Béta-Carotène, vitamines B et K, acide gamma linolèïque (le fameux oméga 6), fer, le tout avec une biodisponibilité exceptionnelle, a vite convaincu les nutritionnistes que la spiruline pouvait très utilement compléter les régimes très carencés des populations ayant une alimentation basée sur la consommation de céréales comme le mil et le sorgho. L'argument définitif en sa faveur est qu'elle peut-être produite localement, là où on a le plus besoin. La spiruline a encore d'autres attraits, et pas des moindres. Citons par exemple son efficacité dans le renforcement des défenses immunitaires ; d'où son intérêt thérapeutique, notamment pour aider les personnes vivants avec le sida.

Le message que souhaite faire passer les ONG qui travaillent à la promotion de la spiruline est le suivant : certes, la spiruline a de nombreuses vertus thérapeutiques extrêmement intéressantes, certaines avérées, d'autres à confirmer, mais l'urgence est de la promouvoir pour ce qu'elle sait faire le mieux : apporter aux personnes malnutries et notamment aux enfants qui sont les premiers visés en la matière, un complément alimentaire peu coûteux, inestimable et produit là où il est consommé.

Un produit local, en lieu et place de compléments nutritionnels importés, avec tout ce que cela implique de dépendance et de prix élevés, ne mérite-t-il pas une remise en cause des habitudes prises ? Créer à la fois un outil d'aide à la sécurité alimentaire permettant de sauver des vies et un outil de développement local.

La spiruline commence à être utilisée au Burkina Faso dans certains CREN ( Ougadougou, Loumbila, Bobo Dioulasso…).

(Extraits d'un article de Vincent Guignon,
directeur technique d'Antenna France
dans le nouveau consommateur).

 


Spiruline

    Réponse du docteur Xavier Baizeau    
   

C'est en tant que médecin Pédiatre, cofondateur et ancien Président de l'association Persis-Essonne, que je pense nécessaire de réagir à propos du texte apparu depuis peu sur le site et concernant la Spiruline.

Pour m'être intéressé particulièrement à la Spiruline ces dernières années, après avoir lu attentivement l'ouvrage de référence de Ripley D. Fox, que l'on peut qualifier "d'inventeur" et de premier promoteur de cette cyanobactérie, et, après m'être rendu dans une "ferme" de production, à l'occasion d'un séjour au Burkina-Faso, que j'ai pu visiter en compagnie de la biologiste responsable, j'ai pu observer que si la distribution gratuite (ou à prix coutant) de Spiruline dans le ou les CREN n'appelle aucun commentaire. Il n'en n'est pas de même lorsqu'on retrouve dans des officines ou même des pharmacies du secteur, de très petits sachets de Spiruline vendus au prix fort et avec des indications thérapeutiques effarantes (traitement du SIDA…)

Il est dès lors permis de s'interroger sur la démarche réelle des promoteurs de la Spiruline, dont malgré tout, l'étude reste à faire.

Pour finir, il faut signaler qu'une équipe médicale française est venue réaliser récemment une étude comparative, étalée sur un trimestre, visant à comparer 2 groupes d'enfants dénutris auxquels était donnée une alimentation de renutrition avec ou sans Spiruline : aucune différence significative n'a été trouvée au terme de cette étude entre les 2 groupes.

Docteur Xavier Baizeau
Conseiller technique de Persis-Essonne

   
   
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  La maladie de la chèvre
   

Lors de notre dernière édition nous avions parlé de la perception de la malnutrition par les mères se trouvant au Centre médicalisé pédiatrique Persis Burkina (CMPP) et au Centre de rééducation nutritionnelle (CREN) lors d'entretiens réalisés par le docteur M.C. Maniette pendant son séjour à Ouahigouya. Voyons aujourd'hui la maladie dite "des chèvres" :

Pour une maman appelée Maïmouna :
"C'est un petit bébé chétif avec des nerfs sur la tête et ses cheveux ne poussent pas, il mange n'importe quoi et malgré tout il ne grossit pas, c'est un enfant anémié , on ne sait pas à quoi c'est dû ; on traite avec des produits que l'on achète à Bembla."

Pour une autre appelée Zoenabou :
"La maladie de la chèvre "bouga", ça attrape le nourrisson , l'enfant est très maigre, il crie beaucoup et il a peu de cheveux ; l'explication c'est une chèvre qui a tourné autour de la femme enceinte, l'enfant peut alors avoir le caractère de la chèvre têtue, qui crie beaucoup, toujours en train de chercher à manger et qui ne grossit pas par rapport à ce qu'elle mange. On traite l'enfant avec un produit qu'on utilise pour le laver (indigèna) et que l'on va chercher à Kapala, au secteur 4."

Après avoir entendu ces explications, nous sommes de plus en plus convaincus que les tabous, les coutumes, la misère sont facteurs déterminants de la malnutrition et cause de la forte mortalité des enfants en bas âge.

Le budget de la nourriture des petits enfants est, dans l'ensemble, très faible. La plupart des mères reçoivent de leur mari une somme quotidienne ou pour quelques jours qui leur permettra d'acheter les aliments nécessaires à l'élaboration de la sauce du Tô et à l'amélioration de la bouillie.

Ces sommes sont très variables en fonction des ménages, parfois nulles, les femmes doivent se débrouiller pour trouver en brousse ce dont elles ont besoin ou créent un petit commerce qui leur permet de gagner les quelques francs CFA nécessaires.

Une étude du CMPP montre le montant dépensé selon les cas suivants :
564 FCFA (0,86 €) pour des enfants correctement nourris.
437 FCFA (0,64 €) pour des enfants dont la malnutrition est modérée.
245 FCFA (0,37 €) pour des enfants malnutris.

 

 

   
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  La malnutrition
   

Au 21 siecle , la malnutrition des enfants est un fleau et nous sommes persuades que notre action, petite goutte d'eau dans un ocean de la misere du monde, doit s'intensifier et etre de plus en plus efficace.La malnutrition existe, mais savez vous ce que mangent les nourrissons et les enfants ? D'après J.G.Pelletier (Les malnutritions sévères, approche global), la malnutrition est le résultat d'une carence où d'un excès de certains nutriments induisant un déséquilibre alimentaire néfaste pour l'organisme. Il s'agit donc d'un état nutritionnel qui s'écarte d'une façon où d'une autre de la normale définie par les physiologistes. Les malnutritions par carence les plus fréquentes dans les pays en voie de développement sont   les avitaminoses telle que la xérophtalmie et le rachitisme •  les carences en minéraux ( le fer par exemple responsable d'anémies nutritionnelles, de déficits énergétiques et protéiques entraînant secondairement l'apparition d'une malnutrition protéino-énergétique ). La presque totalité des mères allaitent leur bébé, et ce pour deux ans en moyenne, en respectant certaines attitudes culturelles : ne pas donner le sein les premiers jours, compléter, même dans les premiers mois, l'alimentation   par des bouillies, tout en prenant garde   de préserver l'enfant du «  mauvais lait  ». Lorsque l'enfant est susceptible de consommer du « mauvais lait »,   il est alors urgent de le   sevrer pour préserver sa santé. on parle de « mauvais lait » lorsqu'il est à l'origine des pleurs de l'enfant(simples   coliques) ou de diarrhées ,soit parce qu'il a été contaminé. La contamination par le sperme du mari lors d'une relation sexuelle , est un   interdit qui prévaut sur une grande partie de l'Afrique de l'Ouest.

Le lait d'origine animale :
C'est un produit de luxe pare qu'il est cher et que les animaux en produisent peu du fait de la pauvreté de leurs apports alimentaires. Il est surtout consommé pars les pasteurs et leurs familles,   maisr très peu commercialisé.

Données nutritionnelles :
Une étude réalisée par le Dr Marie Céline Maniette  au centre Persis Burkina a relevé que la durée moyenne de l'allaitement sans complément alimentaire est d'environ sept mois lors des différents stades de malnutrition.(en 2005)

Les Bouillies  :
La bouillie artisanale la plus commune est la bouillie de petit mil cuite à l'eau et dans laquelle on rajoute du tamarin et du sucre pour donner du goût, mais pas en quantité suffisante pour en faire une bouillie enrichie .( on peut enrichir avec de la poudre de poisson séchée,des haricots,des légumineuses locales, pâte d'arachide, soumbala et du tamarin qui donne un goût aigrelet. Les mères qui utilisent la bouillie enrichie commercialisée ont plus souvent des enfants bien nourris. Certaines femmes préparent et vendent des bouillies sur le marché, alors, elles sont diluées à l'excès et s'appauvrissent en calories. Elles stagnent pendant la journée dans la marmite, devenant un véritable bouillon de culture. Si l'on veut qu'elles soient sucrées, il faut ajouter un supplément. En milieu urbain, en plus des farines utilisées en milieu rural, on trouve des bouillies fermentées, des farines infantiles fabriquées localement mais aussi industriellement ( Misola , Vitaline ), et dont la densité en énergie est un peu supérieure aux bouillies traditionnelles(40 à 80kcal /100g) On peut trouver aussi des farines importées ( Cérelac ,Phosphatine, Blédine ), ces farines sont   inaccessibles financièrement pour la plupart des Burkinabés. Vers l'âge de 17- 18 mois les enfants commencent à consommer le plat familial qui est le Tô

Voir la fabrication du Tô sur la page "infos en vrac".

 

La maman a marché six jours pour nous conduire son bébé

   
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  Evolution du paludisme en Afrique
   

En 1880, des scientifiques ont découvert la véritable cause du paludisme : un parasite unicellulaire le plasmodium transmis par les moustiques anophèles . Depuis cette époque, on a essayé de trouver les moyens de lutter contre ce fléau.
Le paludisme ou malaria est responsable chaque année d'environ 1,3 millions de décès à travers le monde et touche entre 350 et 500 millions d'individus.

En 2004, au Burkina Faso, le paludisme représentait 42% des causes de consultations, 57% d'hospitalisations, 32,26% de décès.
1.739.700 cas de paludisme ont été rapportés par les formations sanitaires dont 846.508 cas chez les enfants de moins de 5 ans. Dans la région du Sahel on pouvait dénombrer 72.059 cas de paludisme en 2006 contre 58.953 en 2005.

Aucun vaccin n'est disponible pour le moment, mais, les recherches avancent. Par exemple, en 2005, le journal "Lancet" à publié les résultats d'un essai clinique révélant que le RTS,S était efficace pendant au moins 18 mois pour une réduction de 35% des cas cliniques et 45% des cas graves de paludisme et ce au cours d'une étude concernant 2.000 enfants.

Selon l'un de ses inventeurs, Joe Cohen, le RTS,S pourrait être disponible sous licence dès 2011/2012.
En attendant une ONG Initiatives pour les maladies négligées et laboratoire Sanofi Aventis , ce dernier ayant renoncé à toute propriété intellectuelle sur sa molécule l'Artésunate , ont fait naître un médicament qui allie un extrait de plante chinoise, l'artémisine et l'amoniaquine, un anti-paludéen.
Les enfants ne prendront plus qu'un comprimé par jour au lieu de quatre à ce jour. Cela se traduira par une meilleure prise de médicament, surtout pour les enfants de moins de 5 ans, premières victimes de ce parasite.

Le coût : moins de 1 US$ au lieu de 1,7 US$. 15 pays d'Afrique sur 31 concernés devraient avoir accès à la molécule. Les autorisations de mise sur le marché étant en cours d'obtention (Sciences et Vie - avril 2007).


 

 

   
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  Le sida au Centre Médical Pédiatrique Persis
   

Depuis l’ouverture du CMPP nous avons été confrontés, comme tout service de Pédiatrie au Burkina, au douloureux problème du sida chez l’enfant. Comment l’avons-nous géré ?
Avec regrets tout simplement, par manque de moyens.
Lorsque j’étais au CHR de Ouahigouya j’ai eu à mettre en route la prise en charge des enfants atteints du VIH et cela fonctionnait bien. Cette prise en charge dans le cadre du programme ESTHER (Ensemble pour une Solidarité thérapeutique hospitalière en Réseau) est tout à fait gratuite pour les enfants ce qui est fort appréciable. Ayant quitté le CHR, je n’ai plus la possibilité de m’occuper de ces enfants même si, à plusieurs reprises, certaines mères ou parents ont insisté pour que je continue de suivre leurs enfants pour diverses raisons (confiance, compétence, discrétion, habitude…). Ce suivi aurait pu se faire sans difficulté en collaboration avec le Centre Hospitalier Régional.
Au CMPP, lorsque nous diagnostiquons un cas de sida, nous l’adressons au CHR pour que l’enfant puisse bénéficier de la prise en charge gratuite disponible seulement dans cette structure hospitalière. Bien sûr nous aimerions, comme pour toutes les autres maladies, pouvoir les prendre en charge et disposer des médicaments et des examens de laboratoire nécessaires à ce suivi, ce qui n’est pas encore le cas. Le CMPP ne dispose pas encore de finances suffisantes pour payer les antirétroviraux, même au prix social encore élevé de la CAMEG (environ 61€ par mois et par enfant sans les examens de laboratoire.)
Nous avons effectué 99 tests HIV dans le service dont 41 positifs (26 adultes et 15 enfants). Tous les enfants ont été adressés soit au CHR de Ouahigouya soit à l’hôpital pédiatrique Charles De Gaulle de Ouagadougou.
De Charles De Gaulle, nous avons toujours un retour de courrier, ce qui est fort appréciable.
Parmi les 99 tests pratiqués, les 2/3 environ concernent des adultes qui préfèrent effectuer le test chez nous pour plus de discrétion. En ce qui concerne les adultes séropositifs, ils sont, eux aussi, adressés au CHR souvent après un long entretien.

Lassara Zala, Mai 2006

 
visuel Afrique/Sida
   
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  Connaissez-vous Ie noma?
   

Lorsque l'on entend ce nom pour la première fois, on ne sait pas de quoi il s'agit, quand on entend la description, on n'arrive pas a y croire. Lorsque l'on rencontre un enfant atteint de cette maladie, on ne pourra jamais l'oublier et l'on ne sera plus jamais Ie même qu'avant.
Le Noma laisse des cicatrices indélébiles sur Ie visage des enfants et parfois des adultes, incruste aussi des séquelles dans l'esprit de ceux qui croisent ces personnes, car ces enfants et adultes sont rejetés de la société, et sont regardés comme des bêtes curieuses.
Dans les régions les plus pauvres d'Asie d'Amérique latine et d'Afrique sub-saharienne, environ 200000 (chiffre de l'O.M.S.) sont atteints du Noma, suite à la malnutrition, au manque d'hygiène et à l'ignorance.
D'une gingivite chez des enfants malnutris, carences, et polyparasites, devenue ulcéronecrotique, a un œdème de la joue passé inaperçu, l'infection se développe en quelques jours avant de devenir irréversible, en raison de l'affaiblissement des défenses naturelles. Si une antibiothérapie banale avait été installée dans ce laps de temps le cours de la maladie aurait pu être interrompu. Mais personne ne savait et plus la maladie s'installe, plus l'enfant est caché. Le visage de l'enfant est atteint d'une nécrose pestilentielle, qui lui ravage le visage, détruisant tous les tissus mous et tissus osseux, et nous nous trouvons devant le vrai visage de la misère : hideux, révoltant et inacceptable. 20% des victimes survivent mais au prix de souffrances intolérables : trous béants de la face, rétractions cicatricielles qui bloquent les mâchoires et empêchent une alimentation normale, troubles respiratoires, rejet social à cause de l'apparence repoussante des séquelles.

Des enfants sans visages, saviez-vous que cela existait?

Des organisations non gouvernementales parcourent le Sahel pour apprendre aux mères à détecter la maladie à un stade réversible.Il faut, en effet intervenir tôt, au stade initial caractérisé par une tuméfaction inflammatoire, au sein de laquelle va apparaître une plaque arrondie, noirâtre qui aboutit à l'élimination d'un cône tirant sur le noir. L'élimination du Du séquestre est suivie d'une cicatrisation rapide laissant persister une perforation séquellaire proportionnelle à l'ampleur de la nécrose.
L'antibiothérapie ayant pour but de stopper la maladie, des associations de chirurgiens français se rendent maintenant sur place pour faire des interventions de réparation chirurgicale esthétique. Les enfants opérés et "réparés" ne repartent pratiquement jamais dans leurs familles et ils grandissent et vivent dans des foyers où d'autres associations se chargent de les élever, de leur apporter un peu de joie et de chaleur.
Au 21 siecle, la malnutrition des enfants est un fleau et nous sommes persuades que notre action, petite goutte d'eau dans un ocean de la misere du monde, doit s'intensifier et etre de plus en plus efficace.

 

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